La mère parfaite? Mon cul ouais!

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Ces derniers temps, je suis tombée sur pas mal (beaucoup, vraiment beaucoup) d’articles sur la mère parfaite. La mère parfaite!? Non mais, vous vous entendez? Qu’est ce que c’est que ce délire narcissique? La mère parfaite…

D’abord, clairement la perfection, c’est relatif! Les goûts, les couleurs, bref, vous connaissez l’adage. On est parfait aux yeux de quelqu’un, mais jamais aux yeux de tout le monde. Puis moi je l’aime pas ce mot… perfection. Il est moche. Et tout la compétition qui l’entoure, c’est beeerk …

Alors à partir de là, comment définir ce qui est parfait ou ce qui ne l’est pas ? Je veux dire, objectivement, c’est absolument impossible. Voilà. Objectivement il ne peut pas y avoir de mère parfaite, de perfection. A contrario, la plus part des mamans sont parfaites aux yeux de leurs enfants et souvent de leur maris, mais très peu de mamans sont parfaites aux yeux de leur famille par exemple. Bah oui, hein, faut se le dire, c’est quand même facile de critiquer les méthodes éducatives de sa sœur, de rappeler à sa fille que dans son temps on faisait autrement, ou de jeter un petit coup d’œil moqueur à sa belle-sœur. On ne peut pas plaire à tout le monde. La perfection, on la fout où la dedans? Beh nul part, tu l’as dis bouffis! On ne peut pas plaire à tout le monde donc PERSONNE NE PEUT ETRE PARFAIT!

Alors c’est quoi ce délire de mère parfaite, si on part du principe que ça n’existe pas? Vous savez ce que je crois, c’est que c’est juste un gros délire pour se faire culpabiliser. Ou se déculpabiliser, on voit les choses comme on veut. Soit on bave devant une hypothétique mère parfaite et on pleure parce qu’on estime qu’on ne lui arrive pas à la cheville et qu’on est nulle à chier, soit on se dit que de toute façon on n’est pas la mère parfaite, on peut pas faire aussi bien qu’elle, donc c’est pas grave. Seriously? Je comprend pas là! Y’a pas moyen de juste donner tout ce qu’on à et faire du mieux qu’on peut dans son rôle de mère, sans être jugée? Bref, tout ça, c’est du grand n’importe quoi pour foutre les boules à la moitié des mamans, pour instaurer une compétition, voir une hiérarchie entre les mamans. Et vous trouvez ça normal? Vous trouvez ça cool de vous dire que vous êtes mieux ou moins bien que Machine parce qu’elle fait comme ça.Soyez vous même bordel! vous êtes bien mieux quand vous arrêtez de loucher sur la voisine.

Alors toi qui me lis, toi qui ne me lis pas, toi qui a décroché a partir de la deuxième ligne, toi qui trouve que ma page est une grosse blague, toi qui m’aime bien un peu quand même, TOI : Tu n’es pas objectivement quelqu’un de parfait, mais tu es parfait aux yeux de quelqu’un et ça, ça devrait te suffire. Fais de ton mieux, et ce sera bien suffisant. Tant que tu ne met pas ton bébé au congélateur, ça devrait aller.*

* et bien sur, quand je dis ça c’est pour dédramatiser parce que je suis la première à blâmer les méthodes éducatives traditionnelles et à prôner la bienveillance, la non-violence, et le maternage.
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Mais pourquoi je chiale ?

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Vous les connaissez surement, ces vidéos qui circulent sur facebook. Les plus belles annonces de grossesses, les petits bouts qui retrouvent leurs parents militaires après des mois d’absence, et ce fameux faux entretiens d’embauche pour le plus dur métier du monde. Sans parler de tout les faits divers à la télé, à la radio, dans le journal : ce petit bébé de quelques heures retrouvé nu et abandonné au fond d’une poubelle tout prêt de chez moi, un meurtre à Rouen, ces trois jeunes qui se sont tués en voiture hier matin. Et puis tout le reste, une blogueuse qui nous quitte, un sdf malmené, une naissance, un animal blessé … Prenez absolument n’importe quel fait, n’importe quelle vidéo, n’importe quoi qui vous donne un peu d’émotion, et vous pouvez être certains que je vais chialer. A coup sur, on peut parier la dessus.

Sans raison apparente, je me sens particulièrement émotive depuis quelques mois. Avec toutes ces histoires qui circulent, je pleure systématiquement. Une première fois quand je prend connaissance de l’histoire, une seconde fois quand je la raconte à Chéri. Qu’elle soit positive ou négative, qu’elle me touche de près ou de loin, je sais que je vais pleurer.

Pourtant c’est pas mon genre d’habitude. Je pleure quand je suis extrêmement triste, ou extrêmement en colère. Mais ces derniers temps, avant même de m’en rendre compte je me retrouve à pleurer. Surtout quand je parle de la naissance de ma choupette, ou de toutes les petites anecdotes qui la concernent.

Bref, vous avez compris où je voulais en venir! Je pleure… Et franchement, j’en ai marre de pleurer comme ça tout le temps pour tout. Cacher mes yeux qui brillent a chaque fois qu’on discute avec les copains. Essuyer mes larmes toute seule devant le pc. Sangloter quand j’essaie de raconter une histoire. C’est drôlement pénible!

Du coup je commence à me demander si je suis pas un peu folle? Dites moi, rassurez moi, vous pleurez vous aussi? Vous chouinez pour rien, vous pleurez devant youtube ?

#maispourquoijechiale #etvous #vouschialezaussi

Lettre ouverte à mon Papa

Papadou,

Pour la cinquième fois, je suis ici, et toi là bas. Ou peut être est-ce l’inverse. Pour la cinquième fois je ne peux pas t’embrasser, te serrer dans mes bras. Je ne suis pas là pour te souhaiter une bonne fête et te dire combien tu es un papa formidable. Depuis cinq ans je retiens ces mots qui me brûlent les lèvres, ces mots que je n’ai jamais eu le courage de prononcer quand j’en avais l’occasion. Papa cette fois je vais te les dire, tout ces mots. Et même si ce n’est que sur un article de blog stupide, j’espère qu’ils rattraperont tout ceux que tu n’as jamais entendus.

D’abord je voudrais te dire merci. Merci pour toutes ces années où tu t’es battu pour nous, pour nous donner le meilleur. Tu as fais comme tu pouvais, tu as composé avec ce que tu avais pour adoucir notre enfance bordélique. Tu as été a la fois un père et une mère pendant tout ce temps. Tu n’as jamais lâché, tu ne nous as jamais laissé tomber même si le monde entier était contre nous. Quand tu ne savais plus où aller, vers qui te tourner, quand même les assistantes sociales ne pouvaient plus rien faire pour toi et qu’elles te proposaient de planter une tente dans le jardin chez mamie. Quand tu n’avais plus rien d’autres que nous,  que nous n’avions plus rien d’autre que toi. Tu n’as jamais baissé les bras, tu as donné tout ce que tu avais et plus, bien plus encore. Tu n’as pensé qu’à nous, qu’à notre avenir pendant toutes ces années. Jamais je ne t’ai remercié pour ça, pour avoir adoucit nos peines, pour avoir comblé l’absence, pour nous avoir offert le meilleur de toi même. Envers et contre tout, nous avons été et nous sommes toujours une famille. Et ça, c’était pas gagné.

Je sais aussi que sur le moment je n’ai pas toujours saisi ce qui se passait. Je ne me suis pas toujours rendu compte de l’étendue de ce que tu faisais pour nous. Alors je te demande pardon. Pardon pour tout ce que j’ai pu dire ou faire, pardon pour t’avoir probablement fait du mal, pardon pour n’avoir pas compris, pas vu ce que tu faisais. Pardon pour avoir crié, pleuré, pour m’être plainte, alors que tu faisais de ton mieux. Maintenant je comprend tout ce que tu as du sacrifier pour qu’on puisse vivre au mieux. Maintenant je me rend compte de combien ça a du être difficile d’élever trois filles tout seul, dans une situation plus que précaire.  Tu nous as toujours fait passer avant tout le reste.

Je t’aime papa. Si tu savais combien je t’aime. Je t’aime pour ce que tu es, pour ce que tu fais, pour ce que tu m’apporte depuis 23 ans. Je t’aime parce qu’avec toi je me sens entière, vivante. Je t’aime parce que t’es pas seulement mon papa, t’es mon meilleur ami,  tu gardes mes secrets, tu me soutiens, tu m’aides, tu es toujours là avec moi, tu es toujours de mon côté. Je t’aime papa, et j’ai tellement besoin de toi.

Ces cinq dernières années ont été terriblement difficile. Ne pas t’avoir avec moi pour les anniversaires, les noëls, et la naissance de ma fille. Ne pas être avec toi quand tu avais besoin de moi. Ne pas t’avoir quand j’avais besoin de toi. Tu me manques, à chaque seconde. Tu es la prunelle de mes yeux, l’homme de ma vie, mon grand amour.

Aujourd’hui je tiens à te souhaiter une bonne fête des pères. Même si plus de mille kilomètres nous sépare, je ne t’oublie pas et je ne cesserais jamais de penser à toi!

N’oublie jamais combien je t’aime,
Ta fille.

Changement de plans

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Certains le savent déjà, l’année a été difficile pour moi. Éprouvante. Pas parce que je devais travailler beaucoup pour y arriver. Oh non. J’y arrivais. Sans travailler le moins du monde. Ce que je n’arrivais pas à faire en revanche, c’était mettre de côté cette impression que je me gourais totalement de voie. Les jours passaient, les stages avançaient, et mon envie de faire ce métier dégringolait de plus en plus. Ce qu’on m’imposait de faire, de connaitre, ne me convenait pas. Mais ça, il fallait encore que je m’en aperçoive. Je luttais péniblement pour trouver le courage de continuer, sans vraiment savoir ce qui m’entravait à ce point. Quelque chose clochait. Je m’endormais avec la boule au ventre, je n’arrivais pas à me lever le matin, j’étais de mauvaise humeur, je passais des journée entière dans mon lit à pleurnicher sans savoir pourquoi, je tombais malade tout les deux jours. Et j’ai choisis, involontairement, de ne pas faire le lien, de nier l’évidence, de passer à coté de ce que je ressentais depuis le début.

Abandonner n’a jamais fait partie de mes projets. Je n’ai jamais lâché, j’ai toujours eu ce que je voulais. Toujours. Et si cette fois j’abandonne, c’est parce que je me suis aperçue que ce n’était absolument pas ce que je voulais.

J’aurais un milliard de choses à dire sur l’éducation nationale, sur le métier de professeur des écoles, mais je ne le ferais pas ici pour m’épargner les accusations d’amalgame et autre. Toujours est-il que ce que j’ai vu tout au long de cette année ne me convenait pas. Le concours d’abord. Etre meilleur que les autres, être jugé subjectivement sur une heure et quart d’entretien stressant et déstabilisant, devoir mettre de côté ses propres convictions pour plaire à un jury qui ne croit pas lui même en ce qu’il attend qu’on dise. Je veux être jugé pour ce que je suis, pour ce que j’ai à offrir, pas pour ma connaissance au mot prêt des Bulletins Officiels. Et puis le métier en lui même. Les valeurs ne sont pas les miennes, les objectifs ne sont pas les miens. Trop d’imposés, de limites, d’entraves, trop d’obligations qui ne collent pas à ma philosophie de la vie. Je n’aime pas la façon dont on élève nos enfants. Je n’aime pas que la maîtresse de mon école de secteur frappe nos enfants et que ça ne l’empêche pas d’exercer.

Mais malgré tout ça, j’avais décidé d’essayer, de persévérer, de faire mon chemin et d’essayer de changer tout ça a mon petit niveau. Je voulais exercer ce métier, avoir une classe, une classe différente, une classe à mon image. Alors j’ai continué, j’ai été admissible, et je me suis rendue aux oraux. Alors tout mes espoirs ce sont envolés…

Cette supériorité, ce dédain visible dans les yeux du jury. Ce jugement, cette pression, cette expression exaspérée comme si ils auraient préférés être sur la plage à siroter des cocktails. Tout ça c’était pas ce que je voulais. J’ai perdu mes moyens, j’ai oublié tout ce que je savais. J’ai pleuré, même. Je suis sortie en sanglotant comme une enfant, à deux doigts de m’étouffer avec mes larmes. J’ai essayé de me persuader que ce n’était que partie remise, que j’aurais mon concours l’année prochaine. Je me suis remotivée.

Et puis il y a eu cette conversation, ces mots libérateurs, ce soulagement. Pour ça, je ne remercierais jamais assez ma meilleure amie. Assises sur mes chaises de jardin en plastique, dehors à la lumière des lampadaires. J’ai réalisé que j’avais des choses à lui dire, que ça n’allait pas, que j’avais besoin de lui parler. Alors j’ai parlé, parlé encore parlé. Et pleuré aussi, beaucoup! Elle m’a demandé ce que je voulais, ce que je voulais vraiment faire de ma vie. Et là j’ai compris : je voulais rendre des enfants heureux. Etre là pour eux, cuisiner, fabriquer, jouer, rire. C’était ça que je voulais faire toute ma vie. Oh bordel, je ne voulais que ça. Jamais je n’avais fait le lien entre mon désir d’une famille nombreuse et le métier que je pourrais faire. Jamais je n’avais imaginé que je pourrais allier ma carrière et ce qui me rend vraiment heureuse. Et ce qui me rend vraiment heureuse c’est eux, ces gosses avec leurs taches de chocolat sur la goule et leurs sourires sans dents. Je me voyais déjà faire des ateliers gateau au chocolat, de la pate à sel, et des cahiers pleins de photos pour les parents.

Assistante maternelle. Ces deux mots ce sont imposés à mon esprits comme s’ils avaient toujours été là, dans un coin de ma tête à attendre que j’aille les chercher.

Alors elle m’a demandé ce qui me retenait, et j’ai compris encore autre chose. Avec le passé que je me trimbale, on m’a souvent dit que je m’en « sortais bien », que j’aurais pu finir droguée sur un trottoir si je n’avais pas eu ce sérieux et ce courage qui me caractérisent tellement. On m’a tellement dit qu’on était fiers de moi, on m’a tellement dit qu’on comptais sur moi, on en attendais tellement de moi, que je n’étais pas capable de laisser tomber. Prendre la décision, abandonner, et prendre le risque de décevoir… Voilà ce que je n’étais pas prête à faire. Mais ce soir là, il n’était plus question de plaire, de faire plaisir, il était question d’être heureuse, et de ne pas gâcher ma vie. Alors j’ai rassemblé ce courage dont on me félicitait, et j’ai pris une décision.

J’arrête, je laisse tomber. Plus de stress, plus de pleures, plus de crises d’angoisse au milieu de la nuit. Je ne pouvais plus, de toute façon. Je n’y arrivais plus. Et puis je m’en fous. C’est pas ce que je voulais faire. Je cherche un emploi d’assistante d’éducation pour la rentrée. Avec nos deux salaires, on pourra enfin déménager, trouver une maison plus grande, s’éloigner un peu de la ville. Il faudra que je termine de passer mon permis aussi. Et puis cette maison, on l’aménagera correctement pour accueillir des enfants, et ensuite on fera ce qu’il faut pour que puisse exercer ce métier. Parce que c’est ça, ce que je veux. Je veux pas la gloire, je veux pas qu’on soit fier de moi, je veux être heureuse, et rendre des enfants heureux. Je veux donner du bonheur, des rires, à des enfants qui ne l’ont pas à la maison. Je veux rendre la vie plus douce aux parents et aux enfants qui ont du mal à se séparer lorsqu’il faut aller travailler. Je veux tout ça et plus encore…

Ce petit garçon qui me hante…

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J’ai toujours dit que je voulais plusieurs enfants. Beaucoup d’enfants en fait. J’ai été confortée dans mon idée quand j’ai vécu cette merveilleuse grossesse, cet accouchement de rêve.  Et parce que ma princesse est si merveilleuse, parce qu’elle nous rend si heureux, j’en arrive à douter de ma capacité à réaliser ce rêve.

Ce bébé parfait qui partage ma vie me comble de bonheur. Elle est douce, pleine de vie, et son sourire … Je l’aime tellement que s’en est parfois douloureux. Ses petits yeux qui pétillent, sa bouille de chipie, ses joues à bisous. Chaque fois que je la regarde, mon amour pour elle me submerge d’une manière tellement intense.

Alors malgré moi, contre ma volonté, et de manière totalement irrationnelle, une question s’impose à moi. Serais-je capable d’aimer un autre enfant? Serais-je capable de lui donner le même amour? Pourrais-je les aimer tous de la même manière, sans faire de différence, de favoritisme ? La réponse est oui, et je le sais. Mais je n’arrive pas à m’en convaincre. Je n’arrive pas à en être certaine.

De l’autre coté, il y a ce petit garçon. Ce petit frère que je vois si fréquemment dans mes rêves alors même que je préférerais une fille. Ce petit homme que j’aime tellement dans mes songes. Je ne peux pas m’empêcher de penser à lui, de le désirer, de l’attendre. Je le veux tellement fort que parfois ça me torture. J’ai envie d’agrandir ma famille. C’est mon seul souhait dans la vie, avoir des enfants et tout faire pour les rendre heureux.

Ce petit garçon, ou cette petite fille, cet enfant m’attend et je l’attend aussi. Mais je ne peux pas m’empêcher d’avoir la trouille. Je ne peux pas m’empêcher de me demander si je serais un jour capable d’arrêter de culpabiliser chaque fois que je pense à avoir un autre enfant, si j’arriverais à mettre de coté cette impression de trahir ma fille. Parviendrais-je à me convaincre, moi, que je ne trahis personne, que je ne partage pas mon amour mais qu’au contraire je le multiplie. C’est toute cette ambiguïté qui traîne dans ma tête en ce moment! Ces sentiments contraires qui tantôt me paniquent et tantôt m’emplissent de joie. Peut-être que je ne suis pas prête. Ou peut-être que je ne pourrais démêler mes sentiments que lorsque la situation se présentera… Qui sait ?

Ma liste de vie …

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Il y a deux jours j’ai découvert le blog de Mums but Twins. Dans le même temps, j’ai appris ce qui arrivait à Cynthia. J’ai parcouru sa liste de vie, et puis les vôtres,et puis ça s’est imposé à moi comme une évidence. Il fallait que je le fasse aussi. il fallait que j’écrive noir sur blanc toute ces choses que je veux faire avant qu’il ne soit trop tard.

Je me suis aussi dit que ça aurait pu être moi, toi, n’importe qui. Je me suis dit que ça pouvait tomber sur n’importe qui, que la vie n’était pas juste, que ça n’arrivait pas qu’aux autres, ou dans les films. Je me suis dis que la maladie pouvait frapper partout, n’importe quand, sans raison. Alors j’ai décidé de vivre.

Le déclic s’est fait en moi, comme si j’avais enfin réalisé quelque chose que je m’étais toujours caché à moi même. Il est temps de vivre, d’arrêter de se mentir, de faire attention à ce que penseront les autres, de se demander si c’est bien raisonnable. Il est temps d’en n’avoir rien à foutre, du jugement des autres sur nos actes. Et puis tout simplement, il est temps de passer à l’acte, de vivre, enfin.

Alors moi aussi j’ai écris ma liste de vie, la liste de toute les choses que je veux absolument faire, dans ma vie, mes rêves les plus beaux, les plus fous, réalisables ou pas, à long ou a court terme. La voici :

  • Partir en vacances aux Etats-Unis et au Canada
  • Aller vivre aux Etats-Unis, vivre le rêve américain, même pour quelques années
  • Avoir des enfants, beaucoup, plein
  • Acheter une grande maison rien qu’à nous
  • Me marier
  • Avoir mon concours de professeur des écoles
  • Tout plaquer et devenir sage-femme
  • Passer une nuit dans un lodge au milieu des animaux à la Flèche, ou Beauval.
  • Avoir une pièce entière pleine de livre
  • Visiter tout les zoo de France (bon, une grande partie au moins…)
  • Devenir bénévole pour une association
  • Voir des animaux sauvages dans leur milieu naturel
  • Me lancer dans la photographie pour de vrai
  • Me remarier après des années de mariage et d’amour
  • Apprendre la langue des signes et la transmettre à mes enfants
  • Rendre mes enfants heureux, et leur montrer combien je les aime chaque jour
  • Organiser des vacances avec nos amis, faire grandir nos enfants ensemble, et les aimer pour toute la vie. Et surtout ne jamais les perdre de vue
  • Rencontrer Harlan Coben et le demander en mariage
  • Emmener ma fille, mes enfants à un festival
  • Passer un noël à Disneyland
  • Visiter les studios Harry Potter à Londres
  • Tout essayer, ne rien regretter, et ne jamais passer à côté d’une occasion

 

Voilà, c’est à peu près tout. Mais si toutefois, autre chose venait à mon esprit, je ne manquerait pas de venir le rajouter.

Bonne qu’à ça …

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14 ans. J’avais 14 ans la première fois que cette idée m’est passée par la tête. Avoir un enfant, construire une famille. C’était le rêve de ma vie. Je ne voulais rien d’autre. J’étais la « petite maman ». Je gravitais autour des enfants des autres, j’apprenais, je regardais, je profitais de chaque seconde de presque maternité qu’on voulait bien m’offrir. La violence de ma vie, le tourbillon infernal dans lequel j’étais prise depuis toute petite, je voulais enfermer tout ça dans une boite et repartir de zéro, montrer que je pouvais faire mieux. Mieux qu’Elle …

Un jour ma mère m’a dit que je finirais sur un trottoir pour gagner ma vie. Pour elle c’était clair, je n’avais aucun avenir, aucune chance de faire mieux. Elle n’avait aucun espoir pour moi, aucune ambition, aucune confiance. Ce que j’allais devenir? Elle s’en foutait. Le jour ou je lui ai dis que je rêvais d’être sage femme, d’évoluer avec des tout petits, elle a rit. Et pourtant, je savais au fond de moi que c’était la seule chose, le seul avenir qui pourrait donner un sens à ma vie.

J’ai attendu, longtemps. Attendu de trouver le bon, l’homme de ma vie, celui qui m’aiderait à ne pas reproduire les erreurs de ma mère. Je lui ai donné mon amour e ma vie entière. Et puis ensemble nous avons construit ce qu’il y a de plus beau dans toute ma vie. Il m’a aidé à me construire, à me sentir vivante, entière. Il a donné un sens à ma vie entière. Il m’a donné cette petite fille et le bonheur de donner la vie. Il m’a offert une famille, une famille simple, sans violence, sans faux semblants, sans mensonges. Une famille pleine d’amour. Un équilibre en quelque sorte.

Aujourd’hui, je crois que j’ai brisé cet équilibre, toute seule. Dans ma tête, tout au moins. Je me rends compte combien ce n’est pas suffisant, combien j’ai besoin de plus. J’ai besoin d’être là, tout les jours, avec mon bébé, plutôt que d’avoir le cul collé sur une chaise à longueur de journée à écouter des cours dont je n’ai absolument rien à foutre. J’ai besoin d’être une maman, une épouse, et c’est tout. Je ne veux rien d’autre, je ne suis bonne à rien d’autre. Avec le temps, j’ai acquis la certitude que je n’étais bonne que dans mon rôle de maman. C’est la seule chose qui me rend heureuse, et épanouie. La seule chose qui me donne envie de me lever le matin. La seule chose qui me rende heureuse.

Alors aujourd’hui, polluée par ces longues journées de cours, ces examens interminables, ce stress permanent, et la certitude que ma vie m’en demande trop, je me met à douter franchement d’avoir fait les bons choix dès le départ. Globalement je réussis mes études, plutôt mieux que je ne l’aurais imaginé. Et quoi? A quoi bon réussir à faire quelque chose qu’on a en horreur? A quoi bon être bonne dans un domaine qu’on déteste? Pour obtenir des diplômes, trouver un travail, et recommencer à nouveau à passer mon temps loin de ma famille? Reporter cette envie (ce besoin?) de faire des enfants parce qu’on ne peut pas subvenir à leurs besoins matériels sans travailler. Ou tout abandonner pour pouvoir subvenir à leurs besoins émotionnels, et aux miens par la même occasion?

Il semble qu’il n’y ai pas de bonne solution, pas de solution qui arrangerait ce sentiment de frustration, de solitude et de fatigue mêlée qui m’habite depuis un bon moment. Pas de solution, mais une certitude : Je veux être une maman, faire partie d’une famille, d’une grande famille, et avoir le temps d’aimer mes enfants à chaque seconde de leur vie, d’être là pour eux, avec eux, et aussi un peu pour moi, par ce que je ne suis bonne qu’à ça.