Bonne qu’à ça …

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14 ans. J’avais 14 ans la première fois que cette idée m’est passée par la tête. Avoir un enfant, construire une famille. C’était le rêve de ma vie. Je ne voulais rien d’autre. J’étais la « petite maman ». Je gravitais autour des enfants des autres, j’apprenais, je regardais, je profitais de chaque seconde de presque maternité qu’on voulait bien m’offrir. La violence de ma vie, le tourbillon infernal dans lequel j’étais prise depuis toute petite, je voulais enfermer tout ça dans une boite et repartir de zéro, montrer que je pouvais faire mieux. Mieux qu’Elle …

Un jour ma mère m’a dit que je finirais sur un trottoir pour gagner ma vie. Pour elle c’était clair, je n’avais aucun avenir, aucune chance de faire mieux. Elle n’avait aucun espoir pour moi, aucune ambition, aucune confiance. Ce que j’allais devenir? Elle s’en foutait. Le jour ou je lui ai dis que je rêvais d’être sage femme, d’évoluer avec des tout petits, elle a rit. Et pourtant, je savais au fond de moi que c’était la seule chose, le seul avenir qui pourrait donner un sens à ma vie.

J’ai attendu, longtemps. Attendu de trouver le bon, l’homme de ma vie, celui qui m’aiderait à ne pas reproduire les erreurs de ma mère. Je lui ai donné mon amour e ma vie entière. Et puis ensemble nous avons construit ce qu’il y a de plus beau dans toute ma vie. Il m’a aidé à me construire, à me sentir vivante, entière. Il a donné un sens à ma vie entière. Il m’a donné cette petite fille et le bonheur de donner la vie. Il m’a offert une famille, une famille simple, sans violence, sans faux semblants, sans mensonges. Une famille pleine d’amour. Un équilibre en quelque sorte.

Aujourd’hui, je crois que j’ai brisé cet équilibre, toute seule. Dans ma tête, tout au moins. Je me rends compte combien ce n’est pas suffisant, combien j’ai besoin de plus. J’ai besoin d’être là, tout les jours, avec mon bébé, plutôt que d’avoir le cul collé sur une chaise à longueur de journée à écouter des cours dont je n’ai absolument rien à foutre. J’ai besoin d’être une maman, une épouse, et c’est tout. Je ne veux rien d’autre, je ne suis bonne à rien d’autre. Avec le temps, j’ai acquis la certitude que je n’étais bonne que dans mon rôle de maman. C’est la seule chose qui me rend heureuse, et épanouie. La seule chose qui me donne envie de me lever le matin. La seule chose qui me rende heureuse.

Alors aujourd’hui, polluée par ces longues journées de cours, ces examens interminables, ce stress permanent, et la certitude que ma vie m’en demande trop, je me met à douter franchement d’avoir fait les bons choix dès le départ. Globalement je réussis mes études, plutôt mieux que je ne l’aurais imaginé. Et quoi? A quoi bon réussir à faire quelque chose qu’on a en horreur? A quoi bon être bonne dans un domaine qu’on déteste? Pour obtenir des diplômes, trouver un travail, et recommencer à nouveau à passer mon temps loin de ma famille? Reporter cette envie (ce besoin?) de faire des enfants parce qu’on ne peut pas subvenir à leurs besoins matériels sans travailler. Ou tout abandonner pour pouvoir subvenir à leurs besoins émotionnels, et aux miens par la même occasion?

Il semble qu’il n’y ai pas de bonne solution, pas de solution qui arrangerait ce sentiment de frustration, de solitude et de fatigue mêlée qui m’habite depuis un bon moment. Pas de solution, mais une certitude : Je veux être une maman, faire partie d’une famille, d’une grande famille, et avoir le temps d’aimer mes enfants à chaque seconde de leur vie, d’être là pour eux, avec eux, et aussi un peu pour moi, par ce que je ne suis bonne qu’à ça.

3 réflexions sur “Bonne qu’à ça …

  1. je trouve ça un peu péjoratif de dire que tu n’es bonne qu’à ça, on est capable de tellement de chose sans le savoir, au départ je pensais ne pas etre capable d’etre mère, puis j’ai appris à gérer plus ou moins bien, ma fille s’est aussi adapté il faut l’admettre, après je me pensais incapable de travailler et au final je suis l’une des meilleures à mon boulot (voir meme à tous ceux que j’ai eu depuis ma reprise de travail après grossesse=, je me pensais incapable de tenir une maison rangée (propre c’est encore un peu difficile mais ça l’est ^^) et du linge sans retard, savoir gérer un budget et faire des courses correct tout en profitant des promo etc…au final j’y suis arrivé 🙂 j’ai tenté d’etre une femme aimante mais…c’est compliqué :/
    j’ai acquérie des capacités dont je me pensais incapable alors que depuis 2 ans j’entends, lors de grosses colères que j’étais nulle, que je ne savais rien faire, que je n’avais pas évolué, et ben tu sais quoi ? j’ai évoluée et je suis fière de moi, de ce que j’accomplis tous les jours :)meme si je suis exténué le soir et que je me tape des insomnies d’angoisses, que je préfère regarder mes séries/vidéos plutôt que de faire mes devoirs de « bonne femme de maison des années 50 » ben je me dis « je suis bien dans ce quotidien »;

    pourquoi ne pas prendre sur une formation pour devenir sage-femme ? avec ton grand coeur et ton amour pour les enfants, ton chéri et ta fille pour t’épauler je suis sure que tu sera capable de grandes choses 🙂
    en tout cas qu’importe tes choix, ils seront bon 🙂 car tu as une priorité : Ta famille ❤ sache que je t'adore

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      • je l’entendais bien sur dans ce sens mais sur le coup, le titre est surprenant ^^.
        Après, je voulais juste dire que si un jour tu souhaites faire quelque chse niveau travail qui te plaise dis toi que tu en ai capable 🙂 et surtout qu’il n’est jamais trop tard 😉 (ou presque lol)

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