A coeur ouvert

kids-and-violence-777x437

Souvent c’est plus facile de dire que j’ai oublié, tourné la page, que mon cerveau à fait son travail. La réalité c’est que je m’en souviens. Putain comme je m’en souviens, de la douleur, de la peur, du goût de mes larmes et de ses mots. Ses mots violents, humiliants, accusateurs. Bon dieu comme je me souviens de mes lèvres enflées, du goût du sang dans ma bouche, et de la couleur bleue sur mes bras. Mon corps a gardé en mémoire chaque micro seconde de ce stress permanent, de le tension qui m’habitait, et de toutes les précautions qu’il me fallait prendre pour tenter (vainement) de ne pas déclencher la crise. Ah si les murs pouvaient parlés, qu’est ce qu’ils raconteraient? Est-ce qu’ils murmureraient ma peine et ma douleur, mon sang et mes larmes? Est-ce qu’ils chuchoteraient les histoires des marques qu’ils portent, des trous qui les abîment?
Parler doucement, marcher sur la pointe des pieds, se faire oublier. Dire oui, réfléchir avant de parler, faire ce que l’on me demande. Penser à répondre, à ne surtout pas répondre. Bordel, ça ne suffisait jamais.

C’était trop difficile à dire, trop douloureux à avouer. Et puis de toute façon, qui pouvait bien croire une gamine de 10 ans quand elle racontait de pareilles atrocités?

Rétrospectivement, je me dis que le pire dans tout ça, c’est d’avoir cru pendant si longtemps que c’était normal, que c’était pareil chez les autres. Je sais désormais que ça n’a rien de normal, mais surtout, je sais que je ne suis pas la seule enfant qui ai subit la violence, physique comme verbale. Je sais que beaucoup d’enfants souffrent de maux bien pires que les miens. Et je sais aussi que certains ne s’en sortent pas. J’ai appris que parfois les enfants violentés donnent des hommes violents, et que des enfants parfaitement normaux peuvent aussi devenir des hommes à la main lourde. J’ai compris les ravages que cela peut provoquer, les vies que cela peut briser.

Alors du fond du cœur, j’ai besoin de vous le dire. Cessez de lever la main sur vos enfants, ne serais-ce que pour une fessée. Cessez de faire du mal à vos femmes, celles qui vous aiment tellement qu’elles vous pardonnent. Et surtout, apprenez à écouter ce que les gens ne vous disent pas, à entendre leur douleur, leur appel à l’aide. Réagissez quand vous le pouvez. 

« La violence est le problème, pas la solution. »

2 réflexions sur “A coeur ouvert

  1. impression que ton article fait écho au mien :/
    ma puce ❤ tu es devenue une bonne personne et une bonne mère malgré ses outrages que l'on ta fait subir, le passé est passé, il t'a blessé surement agenouillé mais aujourd'hui tu es là, peut être encore tremblante d'une main levée ou d'un mot un peu trop crié mais tu es là, et tu es bonne ! tu es forte. je suis là si besoin ❤

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s